Papa Tango Charlie, chapitre 3

Ce troisième opus consacré à l’affaire du MH370 se présente sous la forme d’une fiction, doublée d’une enquête méticuleuse des faits, menée par Hugo, le personnage principal – voir les précédents parus dans le boudoir de La Baronne « VolMH370. La disparition » et « Vol MH370. Une vie détournée ». 

L’auteur du livre, François Renault, chef d’entreprise dans l’industrie depuis quarante ans, est passionné d’aéronautique et au bénéfice d’un brevet de pilote. Son enquête, d’une lecture assez austère, qui met l’accent sur la technologie et la politique, est allégée par l’aspect romancé, permettant d’humaniser les informations qui défilent à chaque page et ainsi de retenir l’attention du lecteur.

Après de longs détours informatifs pour mieux cerner les tenants et les aboutissants du plus grand mystère de l’aviation civile, la conclusion de l’auteur via l’enquêteur du récit, est globalement la même que celle de tous les indépendants qui ont remis en question la version officielle : le MH370 a été victime d’un attentat sans débris, sans corps, sans boîtes noires, savamment organisé afin qu’il « disparaisse ». La précision de son effacement de tous les radars qui parsèment l’une des régions les plus surveillées de la planète témoigne d’un acte délibéré. Les raisons ? Sans aucun doute, mais c’est l’une des conjectures qui ne peut être prouvée, qu’un contenu technologique de pointe non déclaré dans les soutes ne devait pas arriver à Pékin. Décision occulte des États-Unis, car comment interpréter le débarquement du FBI (agence de renseignement intérieur des USA) dans l’enquête quelques jours après le drame ? Seuls trois Américains faisaient partie des victimes, tandis que la Chine en comptait plus de 150 et n’y mêla pas son grain de sel. À moins que les Chinois se soient abstenus pour des motifs plus obscurs, soulevés par l’auteur.

Comme les deux précédents enquêteurs ayant investigué sur ce qui apparaît comme une cabale, il a ausculté de multiples pistes : suicide présumé du pilote, feu dans la carlingue, détournement venu de l’intérieur, acte de guerre, interception, amerrissage, crash dans la jungle cambodgienne et d’autres. Et qui a éteint le transpondeur et tous les moyens de repérer l’avion ? Chaque recherche a fini par provoquer davantage de questions qu’elle n’apportait de réponse. Et même les données des satellites anglais d’Inmarsat, grâce auxquels des dizaines de navires sont partis avec du matériel adéquat dans les lieux indiqués où devait avoir plongé le Boeing afin de le repérer, ont été remises en question : un avion de 64 mètres de long, de 61 mètres d’envergure pour une hauteur de 18,5 mètres de haut ne pas disparaître sans laisser de traces.

François Renault l’affirme : « La disparition du vol MH370 est cousue de mensonges, de dissimulations de preuves, de manipulations et d’intimidations… »

Saura-t-on jamais la vérité ? Faudra-t-il attendre que le hasard révèle la cachette du malheureux zinc et de ses 239 passagers (et non 238 comme l’écrit l’auteur) sacrifiés sur l’autel du profit ?

François Renault : MH370. Un mensonge déguisé en vérité, Favre Éditeur, Lausanne, 2021, 349 p. ill.


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