les derniers articles à ce jour

  • Les coquillages de M. Chabre
    On est ici loin, très loin des Rougon-Macquart. Il a fallu, pour que cette nouvelle existe, la grande fatigue de l’auteur en juillet 1876. Il a abandonné l’écriture des derniers chapitres de « L’Assommoir », pour aller se reposer avec sa famille et celle de son éditeur dans un petit port de Bretagne. Mais n’échappe pas à la littérature qui veut. Profitant du farniente bienvenu en bord de mer, voilà que le bleu du ciel bouscule le noir charbon de l’oeuvre du chef de file du naturalisme et impose un délicieux bijou, « Les Coquillages de M. Chabre », l’histoire d’un couple dépareillé, qui allie la beauté évaporée d’Estelle, la jeune épousée de 18 ans, à la lourdeur de son vieux mari, 45 ans, M. Chabre. Riche et un peu pingre, celui-ci n’a qu’un désir, être père. Mais après quatre ans de mariage, le ventre de la blonde Estelle reste désespérément plat. M. Chabre consulte son médecin, qui lui conseille un séjour en bord de mer où il se nourrira exclusivement de coquillages et autres produits marins, lui promettant ainsi un retour à la fertilité.
  • Une unique lueur
    Pour les aficionados du polar, Fred Vargas coche toutes les cases de la réussite du genre : un flic un peu barge, Jean-Baptiste Adamsberg, une équipe tout aussi larguée, des méandres d’enquête où une chatte ne retrouverait pas ses petits. Et, à propos de félins, un chat qui roupille sur la photocopieuse. L’originalité de cette brigade atypique ne se dément pas au fil des 11 épisodes de la série Adamsberg (plus un douzième recueil de nouvelles). L’ultime récit, « Une Unique lueur », a obtenu des critiques dithyrambiques, tous médias français confondus. A croire que le nom seul de l’auteure suffit à bannir le moindre sens critique.
  • Sécheresse
    James Graham Ballard n’est pas connu pour son optimisme béat. Au travers de sa « Trilogie du béton » et de la « Tétralogie apocalyptique », l’auteur britannique, né à Shanghai, a écrit des romans de science-fiction parmi les plus sombres du genre. « Sécheresse », issu de la tétralogie, suit « Le Monde englouti », présenté l’an dernier par La Baronne.
  • Aventure street art en Suisse
    Au bénéfice de plusieurs formations, Jolanta Amaudruz prend le pseudonyme un peu niais de Jade, pour écrire « Aventure street art en Suisse », une bible du genre, richement illustrée. Elle arpente le pays, où elle découvre l’incroyable diversité du graffiti dans tous ses états. Le livre débute au Locle, devenu plaque tournante proposée aux artistes qui veulent bien laisser leur marque contre les façades mornes de la petite cité horlogère. Il en résulte un Exomusée, consacré au street art. Et dorénavant, une bourgade vivante, pleine de surprises et d’un charme infini, dont les oeuvres ne cessent de se développer, d’envahir les façades, de déborder au-delà des murs de la ville. L’Exomusée propose des visites guidées en trois langues. Pour qui est sensible aux arts plastiques, la dite Mère commune est incontournable. D’autant que plusieurs oeuvres s’inspirent de l’horlogerie.
  • Le troupeau aveugle
    On y est : la Méditerranée n’est plus qu’un cloaque, plus de vie marine, plus rien à en tirer et donc impossible de s’y baigner. Ça n’est guère mieux du côté des océans. À New York, il pleut de l’acide. Au robinet des pauvres bougres qui essaient de survivre, l’eau n’est potable que de manière rare et aléatoire. La résistance aux antibiotiques est désormais un fait avéré. Mieux : la population est sciemment empoisonnée, les riches vivent dans des quartiers fortifiés, gardés par des mercenaires armés. Les communautés de privilégiés se moquent bien de la misère, sévèrement tenue à l’écart. Le gouvernement américain est désormais dirigé par des grandes entreprises, qui ont d’autres projets que tenter de sauver les citoyens lambdas. Ces derniers comprennent vite qu’ils n’ont plus le moindre espoir, fût-ce une légère amélioration de leur situation qui se rapproche de la déchéance absolue.

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