Conseils burlesques

Les fascistes ont beau prendre de grands airs, ils sont d’une nullité comique face à l’assurance d’autrui. Ils croient être aux commandes, mais dès que quelqu’un leur miaule dessus, ils perdent les pédales.

Tout est dit dans ces quelques mots. Viennent ensuite les déclinaisons de la sagesse des chats, de leur assurance absolue, de leur indépendance, quelle que soit la situation dans laquelle ils se trouvent, et dont ils se tirent avec panache, de manière souvent inattendue. « L’imprévisibilité n’est pas seulement une tactique – c’est une prise de position. » Et si finalement, ils éprouvent une difficulté insoluble pour eux, ils savent la miauler et la hurler jusqu’à ce que l’humain s’exécute. Comme pour la nourriture : pas question de rater un repas. Les retards eux-mêmes leur déplaisent souverainement, ils le font savoir jusqu’à obtenir satisfaction. « Les fascistes détestent cette ténacité. » Faites pareil, insistez, ne laissez rien passer, même si vous devez recourir à un charme irrésistible parfaitement hypocrite. Les fascistes sont irrémédiablement perdus face au charme qu’ils ne comprennent pas, mais qu’ils supputent dangereux pour eux.

L’auteur, le Canadien Stewart Reynolds, a bien compris que les races des petits félins sont les maîtres absolus du sans-gêne et du chaos stratégique. L’histoire nous montre que depuis des siècles, ils ont mis au point des tactiques de survie face à l’oppression. Avec humour, l’écrivain nous invite, en onze chapitres, à analyser ces innombrables procédés, afin de résister aux tyrans avec une élégance aussi décontractée qu’insolente. 

Les conseils vont de l’occupation de l’espace de manière imprévisible, au refus de porter un collier réducteur de liberté, ou encore à l’affûtage des griffes, car c’est bien connu, un coup de griffe inattendu, bien placé, vaut mille explications qui ne serviraient à rien. Suivez les boules de poils, guides suprêmes du libre-arbitre. 

Dans un délicat petit ouvrage, beau papier, couverture expressive, tout humain à la recherche de paix et de respect trouve une réponse adéquate à ses interrogations, miroir du comportement de nos poilus bien aimés, qui savent aussi, à l’occasion, agir en groupes ou à plusieurs pour s’accorder la félicité à laquelle ils aspirent. 

Stewart Reynolds : Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme , Ed. Flammarion, 2025, 95 p. ill.


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