René Gori et les rivières des électrons

La nuit, on éteint les lumières afin d’économiser quelques gouttes dans le flux ininterrompu de la rivière des électrons.

À cause de cela, l’électricité sommeille dans les câbles comme le ferait une eau inerte dans un bras de rivière entravé.

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René Gori et le lampadaire philosophe

L’autre jour dans ma rue, il y avait tant de brouillard que j’ai parlé à un lampadaire.

Celui-ci, très poli, ne m’a jamais interrompu.

Je lui ai narré toute l’aventure des canards à trois pattes faisant du saut à l’élastique, puis celle du renard aveugle chantant la Traviatta comme personne, ensuite le récit du castor bicéphale qui ne savait jamais rien décider, et enfin, l’extraordinaire vie de Philomène, une casserole possédant le don de la parole.

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René Gori et les crinières du vent

Peu de gens le savent, mais il est possible de se rendre en Mer du Nord directement depuis Utrecht en suivant le cours d’un canal très discret rejoignant le lac de l’Yssel et se faufilant entre les îles de la Frise pour déboucher sur la froidure des langueurs « océanes ». …

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René Gori et les sirènes d’aquarium

Dans la bonne ville d’Utrecht, il y a des rues qu’il ne faut pas fréquenter, alors je n’y vais pas, et ne comptez pas sur moi pour vous en parler.

Il est des choses que l’on ne raconte pas, et c’est comme ça.

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René Gori et les traceuses de nacre

La pluie est de retour avec les limaces, traceuses de nacre sur le goudron de nos villes.

Devant cette météo maussade, derrière une fenêtre embuée et à côté d’un calorifère ronronnant, je ne peux que m’interroger sur la signification de la possession « du tout » revendiqué par ce gorille s’arrimant dans les âges sérieux.

Ainsi sont peut-être les primates, habités par le désir de tout contrôler jusqu’à l’accaparement des biens, des territoires et des femelles ?

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René Gori et la conception du « le tout »

Il n’est pas facile de s’interroger sur les conditions de l’inexistence et de la ventriloquie du réel. Nous sommes tous des chats de Schrödinger (voir Wikipedia), locataires temporaires d’une boîte contenant les principes de sa finitude.

Devant un tel obstacle, j’ai consulté un gecko « chapardeur- de-pensée », un animal qui se place à la verticale, s’insinue dans l’esprit du sujet choisi et capte les fulgurances essentielles circulant dans le cerveau examiné.

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René Gori et le baobab de salon

Ce matin, le bocal de ma grenouille météo était déserté par sa locataire. Au début, je ne suis pas inquiété outre mesure connaissant sa propension à l’aventure.

Toutefois, vers onze heure, je l’ai appelé à plusieurs reprises sans obtenir de réponse.

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René Gori et le tintamarre de la grenouille barométrique

Hier, je me suis levé d’un bon pied, j’ai ouvert la fenêtre, apprécié le petit soleil et la chaleur estivale.

Pourtant, au loin dans les forêts entourant la mythique Utrecht, les feuillages étaient revêtus avec les parures de l’automne.

Quelle bizarrerie, me suis-je écrié, puis je me suis dirigé vers le bocal de la grenouille météo afin de prendre connaissance des prévisions pour les jours à venir.

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René Gori et les libellules tam-tam

Ce matin, l’air est léger et je me demande pourquoi, certains jours, il est si lourd.

L’air est l’air comme le silence est le silence, mais parfois aussi, le silence n’est pas vraiment du silence, alors ça fait du bruit. Face à l’incohérence des choses, la poésie est une explication inexplicable et seuls ceux qui ont la force de regarder au travers du réel, découvrent la valeur et le poids des âmes.

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René Gori et la révélation de ses frasques ferroviaires

Après avoir découvert avec un vif intérêt les pensées intimes de nos deux protagonistes, ce gorille innocent et cette soigneuse lubrique, une introspection s’impose.

Enfant, je me revois, admirant la vitrine de ce magasin de jouets où trônait dans la lumière d’une lampe à pied, la figure harmonieuse d’une locomotive à vapeur. Durant de longs mois, j’avais économisé sur mon argent de poche jusqu’à atteindre la somme suffisante à son achat.

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