hiérarchie

hiérarchie

se présenter en dessous

En société, la notion de la hiérarchie n’est pas une chose séduisante, car elle force à l’établissement d’un classement à partir d’un système de critères dont la valeur est majoritairement issue des conventions sociales. De cette façon se construit un faux-semblant et l’omniprésence de cette semblance erronée se drape du costume attrayant de l’évidence.

À défaut d’être charmé et de vénérer ce mensonge ou cette supercherie, seule l’hypocrisie permet de s’y conformer avec une sincérité factice ou abrutie.

Quels subterfuges opposer lorsqu’on constate que ces hiérarchies habitent nos présents et dressent le cadastre de nos actions ou de nos rébellions, que la verticalité se présente avec la structure grisâtre d’une pensée univoque et détermine le degré de soumission depuis les bas étages jusqu’au sommet ?

Depuis plusieurs années, mon travail se construit autour de l’écriture, un labeur long et fastidieux relevant plus le l’échec perpétuel dans le cas où mon écriture serait destinée primordialement au public, ou, de l’œuvre, soit avec la vision d’un ouvrage se construisant grâce à des qualités propres, pas forcément à la recherche de l’universel autoproclamé. Un parcours qu’il n’est pas forcément utile d’exposer à la multitude, et dont la valeur réelle est perçue d’abord par le voyageur tissant ses lignes et ses phrases.

Dans les « dîners », si par malheur, répondant à une question, j’indique que j’écris, immédiatement dans l’échelle des hiérarchies, je suis placé par l’interlocuteur à un étage que je ne désire pas. Le niveau de langage se transforme et la discussion quitte le champ de la simplicité pour rejoindre le terrain des extrapolations et des connaissances supposées.

Au début, j’éludais la difficulté tout en m’évertuant de ramener l’échange hors de ma « personnalité définie », mais le mal était fait.  Régulièrement, les regards acérés tentaient de percer à jour une « curieuse et touchante modestie d’artiste ». Une étiquette était désormais apposée et je ne pouvais m’en défaire. Il ne restait plus qu’à être désagréable ou rigolo.

Fatigué, j’ai changé de stratégie et je me dévoile sous un jour différent, souvent inintéressant, réduisant mon travail, sans mentir, à sa réalité administrative, voire comptable ou totalement inutile.

En me présentant en dessous (encore faudrait-il définir le sens de ce en dessous en regard de ce que nous croyons au-dessus), je reste dans les périphéries de l’anonymat et je peux entendre le monde, voire discuter du monde, sans être pollué par la position d’un statut particulier. De fait, les réalités exprimées apparaissent plus intègres.

Mais que se passe-t-il quand un individu se présente au-dessus ?

Je sais que les titres et la valeur hiérarchique attribuent des qualités en compétences qui ne correspondent pas forcément au réel. Depuis les étages supérieurs, les propositions sont mâtinées d’autorité et les fautes ne sont pas relevées ou mises en évidence, ce processus générant une médiocrité orgueilleuse, puisque l’erreur est « inexistante ».

De manière plus large et non individuelle, la mise en place d’une verticalité est la première erreur d’une structure au moment de sa création, elle ouvre la porte à l’accumulation des faux-semblants et de la déresponsabilisation. Elle grave dans le marbre la présupposée évidence d’un chef indispensable (curieuse habitude des républiques), seul à même de diriger la barque dans la tempête et de connaître les bons caps.

Ainsi cornaquées, les structure dysfonctionnement et les interactions internes ou externes passent du débat à l’affrontement, s’étouffent et s’enferment dans des arbitraires, habilement dissimulés par la communication.

Inévitablement naissent les dérives autoritaires, pratiques courantes des irresponsables.

jeunes étourdis, la nuit, courant après ce qu’ils croient être un Degas

les hypothèses publiées

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