parce qu’il y a un éléphant dans la pièce…

Dès l’annonce de l’audacieux projet de Capitale culturelle, il m’est apparu que quelque chose vrillait faux derrière le décor et sa publicité, l’engouement politique et les séances participatives promises aux petites mains de la culture.

Au fil d’articles publiés sur le site du GrandGazomètre, je m’évertuerai à traquer l’éléphant dans la pièce.

Cela sera mes hypothèses, une manière de faire république, d’être citoyen en espérant décoder et comprendre ce que génère cette manifestation d’ampleur.

Lorsqu’un train est lancé à pleine vitesse, fou serait celui qui s’évertuerait à l’arrêter de ses mains.

Toutefois, le mécanicien informé de la solidité relative du pont enjambant la rivière et les ravins devrait, de lui-même, actionner le frein d’urgence.

Dans les logiques économiques et politiques du moment, ce convoi est sur les rails et il traverse la plaine, avec fracas, en direction de sa destination, vaille que vaille.

Il est inarrêtable sans l’intervention des pouvoirs publics, alors l’enjeu de mes réflexions est ailleurs, soit dans un endroit où se construit une pensée personnelle, une envie de cohérence, surtout, respecter le pourquoi j’écris du théâtre, pourquoi je suis un citoyen de ce territoire avec l’impression d’être entre deux portes, d’être témoins de l’effondrement du monde d’avant en attendant celui d’après.

En fait, le raidissement d’une bourgeoisie culturelle dominante avant que tout change pour que rien ne change.

la résolution d’un problème…

La première étape de la résolution d’un problème (l’éléphant dans la pièce), c’est reconnaître qu’il y en a un (Jeff Daniels dans The Newsroom).

La question doit être abordée de manière systémique et non personnelle, autrement dit, la compréhension du problème doit faire abstraction des protagonistes en tant qu’individu.

Si parfois la description semble cruelle, il faut garder à l’esprit qu’elle concerne plus une situation qu’une personne.

Les hypothèses ne sont pas là pour déterminer la pertinence des choix de l’un ou de l’autre, mais d’en prévoir les conséquences.

Une hypothèse est une tentative de compréhension de l’événement en cours de réalisation, et non, une estimation de la justesse des actions.

Dans les événements, chacun se place à l’endroit semblant le plus pertinent afin d’assurer la qualité de vie et de relation sociale.

C’est une liberté fondamentale qui ne peut être contestée, quand bien même le système se révèle délétère.

Cette liberté fondamentale est variable, que l’on soit dans l’aire des dominants ou dans l’espace des dominés.

Cette dernière constatation faite, la remise en cause critique du système doit principalement se faire en regard des actions des dominants, les (presque) seuls détenteurs du pouvoir, donc de la responsabilité.

Pour paraphraser une autrice romande, je dirais que l’on doit critiquer l’usine et ses patrons en veillant d’épargner les ouvriers.

Toutefois, les innocents font partie du paysage et, parfois, une certaine forme de lucidité se révèle cruelle.

Cette cruauté ne réside que dans la teneur des faits, nulle part ailleurs.


les hypothèses publiées