Dès l’annonce de l’audacieux projet de Capitale culturelle, il m’est apparu que quelque chose vrillait faux derrière le décor et sa publicité, l’engouement politique et les séances participatives promises aux petites mains de la culture.
Le temps passant, les événements se sont enchaînés, laissant paraître les indices d’une falsification, un piège dont seules la lucidité ou la folie permettent de s’extraire.
Récemment, le quotidien ArcInfo publiait un article informant les lecteurs de la démission de la directrice artistique de la Capitale culturelle.
Le papier était émaillé par quelques citations des protagonistes de cette péripétie.
Les résultats sont connus, du moins confidentiellement, les heureux élus désignés comme participants à la capitale culturelle ont été informés récemment, les malheureux non-élus aussi.
Quand les choix sélectifs sont annoncés, se joue régulièrement une petite musique, différente selon les étages, mais immuable dans la verticalité et la valorisation des mérites.
Le poireau surnageant dans la soupe ne sait pas qu’il est un poireau, son corps végétal se défait jusqu’à l’essentiel, se brise sous l’effet de la chaleur, se « défribre », exhale ses saveurs, devient l’un de ces innombrables éléments embaumant les potages, puis il disparaît avec la digestion des estomacs et du temps.
En société, la notion de la hiérarchie n’est pas une chose séduisante, car elle force à l’établissement d’un classement à partir d’un système de critères dont la valeur est majoritairement issue des conventions sociales. De cette façon se construit un faux-semblant et l’omniprésence de cette semblance erronée se drape du costume attrayant de l’évidence.