récit

La Mort de Vladimir évoque en toute simplicité la vie d’un bébé très méconnu et tout à fait célèbre, puisqu’il s’agit de celui qui se trouvait dans la poussette du film "Le Cuirassé Potemkine" d’Eisenstein.

On le surprend alors qu’il dévale les escaliers d’Odessa sous le feu des soldats, début d’une vie faite toute entière d’aventures et de luttes qui traverse le XXe siècle.

Sans surprise, à la fin, il meurt !


distribution
texte & mise en scène – Yves Robert / jeu – Christine Chalard et Samuel Grilli / scénographie – Jean-Guy Paratte / lumière – José Bouzas / costumes  – Janick Nardin et Caroline Chollet / photographies – Catherine Meyer

un extrait

Le vent tombe et se recroqueville dans un silence léger, ce n'est pas l'été.

C'est la fin de l'été avec ses orages déjà évaporés.

C'est le basculement dans l'automne, encore chaud, l'automne d'avant les fraîcheurs.

C'est l'automne à l'air sec.

L'atmosphère est enfin balayée des poussières, et le regard porte loin, on a donné des lunettes à Monsieur Turner.

On distingue maintenant la trame du lin dans les voilures d'un navire à quai.

Même s'il est encore trop tôt pour aller plus loin, ils se caressent du regard et de la paume, comme on pétrit la terre du modèle.

L'apaisement est une grande fatigue mélancolique.

L'on dort éveillé, on est heureusement triste, ou plutôt on est tristement heureux.

On attend le réveil sans impatience.

On attend le matin où s'effilochera la douce torpeur.

C'est une maison de pierres.

Les chaises et la table sont en bois rugueux, une cafetière vide est posée dans l'âtre froid.

Le vent s'ébroue et dépose les premiers flocons de l'hiver sur les carreaux de l’entrée.

La porte est ouverte depuis plusieurs jours déjà.

Les chemins se croisent et se décroisent.

L'Europe n'est plus qu'un décor de toile peinte, il est mité, cassé, brûlé.

C'est une ruine envahie par la foule des figurants. Les chemins se croisent et se décroisent…

Vladimir et Adrienne arrivent à Venise.

Au vent d'Orient, le vent des sortilèges.

Au vent d'Orient, le vent d’opium.


presse

« Vladimir », une vie d’homme »

Attention objet théâtral non identifié !

Envoûté par l’extraordinaire pouvoir d’évocation d’une écriture servie par une mise en scène à la fois sobre et vibrante de sensibilité, le chroniqueur ne peut que s’incliner.

Léo Bysaeth - L'Impartial le 4 mai 2004


Ce spectacle a été créé en 2004 au théâtre ABC. 


publié aux éditions des Petites Lessiveries