texte intégral / 20 pages / collection seul.e en scène / Atelier Grand Cargo / prix CHF 10.– / + frais de port / commande par courriel


 un extrait – une marée froide montée de la lune

le vent est insistant, une marée froide attisée par la lune

C’est le matin | le matin de ma mort | je vais mourir à midi à l’instant ou l’ombre sera unique, verticale | c’est le matin où se figent le temps et le corps | l’ombre ne sera qu’une, immobile, inflexible | je crains d’être seule | personne pour me tendre la main | seule | je n’aurai pas d’autre peur | il sera midi | il y aura de la lumière, de la chaleur | ne pas mourir le soir, ne pas se laisser aller comme la fin d’un jour | c’est au matin, au matin de ma mort | à midi, quand l’ombre ne sait plus où se tenir, je passerai | avant, je veux me souvenir des chemins, des erreurs | le temps est compté | à peine une matinée pour retrouver la trace de mes pas sur le sable | découvrir ce qui fut juste, ce qui fut faux | mettre dans la balance les parcelles de ma vie, en dresser le cadastre précis