Valérie Poirier (2013) / image de couverture de daniel gonzalez

On voulait souffrir, puisque l’amour était – toutes les chansons le disaient – un voyage entre paradis et enfer. En attendant de commencer à vivre, on esquissait les chorégraphies entrevues au Grand Échiquier : œillades, tête penchée, lèvres gourmandes, on mimait avec ravissement cette féminité convenue. Laborieusement fatales, on s’évadait doucement de l’enfance.


Truffés de personnages récurrents et d’échos qui se répondent d’un texte à l’autre, les récits qui composent ce petit ouvrage tendent à composer un panorama. Celui de temps de la jeunesse de l’auteure, des années 1970-1980.
Daniel Fattore (La Liberté et Le Courrier du 10 août 2013) 



Ses vignettes ressuscitent les premiers émois, le « goût suret des bonbons Pez », « l’odeur de térébenthine d’un grand garçon décoiffé », l’indécision des corps, la nuit, au parc Gallet, lorsque « des mains pareilles à de timides papillons de nuit » osent « sortir de leur cachette » pour s’étreindre. On reconnaît le talent de la dramaturge dans ses phrases aiguisées.
Julien Burri (L’Hebdo, 25 juillet 2013) 



Vives, rythmées, dialoguées parfois, elles semblent faites pour être dites. Valérie Poirier a été comédienne. Ses nouvelles portent la trace de son goût et de son expérience de l'écriture théâtrale.
Jean-Marie Félix (Entre les lignes, Espace 2, 28 mai 2013) 



Plus que de nouvelles, on pourrait parler d'un petit roman autobiographique éclaté, cohérent. On trouve une véritable unité dans ces fragments, unité de temps, de lieu, de thèmes, de ton, donnée par un regard, une expérience, une personnalité (…) Ces petits décalages nourrissent une vision distante, ironique, pénétrante. Valérie Poirier fait revivre l'ambiance de ces année post-hippies, plus ou moins teintées d'ardeur révolutionnaire, enfoncées encore dans le conformisme des générations précédentes.
Alain Bagnoud (Blogres TdG, 24 mai 2013) 


Avec tendresse, détachement, humeur, humour, cette auteure dramatique revisite les personnages de sa ville, qui pourrait aussi être la nôtre. Premier ouvrage de prose de Valérie Poirier, ce livre est un parterre de précieux semis.
Nicolas Verdan (Terre & Nature, 10 mai 2013)


C’est un délice de simplicité, envoyé, envolé, ça nous balance des situations, nous restitue des bouffées de jeunesse. C’est incongru, toujours en mouvement, déroutant. Et au fond, on rêverait de retrouver tout ce doux charivari sur une scène. Chiche?
Pascal Décaillet (GHI, 9 mai 2013)


La voici donc dans la collection « lieu et temps » de Pascal Rebetez, chez D’autre part. Une collection qui sent souvent le sapin jurassien. L’éditeur a aimé ses textes, de longueurs très inégales. Certains tiennent de la miette, ou du confetti. Il faut dire qu’il se dégage du livre un véritable ton. Ce fameux ton qui lie le fond, la forme et la personnalité de l’auteur.
Etienne Dumont (Tribune de Genève, 8 mai 2013)