Odile Cornuz (2009) / mise en page Chatty Ecoffey

Cette nuit j’ai fait cuire une tête humaine. Je n’ose plus soulever le couvercle. Je sais que la tête est là, à bouillir, que la viande – puisque c’est de la viande – doit être archicuite mais je ne peux me résoudre à soulever le couvercle. Je tremble. Je me résigne à le faire. Horrible. Empoigner cette casserole, la retirer du feu, en soulever le couvercle. La tête bouillie. Je crois que je vais devenir folle. Je ne sais pas quoi en faire. Je ne vais pas la manger. Il y a des gens dans mon salon. Je dois faire comme si de rien n’était. Je dois m’occuper de cette tête.


De ces bribes de récits émerge tout un questionnement sur le sens de la vie et l'importance de l'utopie.
Chantal Calpe (Jura Pluriel décembre 2009) 


La vie en angle aigu (…) Un petit livre qui égrène ses pages comme la vie, avec douceur et amertume, légèreté et pesanteur, bonheur et douleurs.
Aline Bachofner (La Vie Protestante, mai 2009) 


Ecarts de langage, hiatus entre les styles. Contraste entre la banalité, le verbe pauvre, de l'énoncé quotidien et l'écriture qui sonde la pensée, s'avance sur le fil suspendu au-dessus du gouffre. «A force d'évoquer les ombres, on ramène fatalement un peu de ténèbres sur ses épaules.»
Dominique Bosshard (L'Express / L'Impartial du 4 avril 2009)